Trou de Ver

Athénée royal Crommelynck

Jean Jean

ou la pièce qui vous plaira

 

Le théâtre Varia propose depuis le 11 octobre jusqu’au 22 octobre une pièce écrite par Axel Cornil intitulée Jean Jean . Les trois acteurs Vincent Van Laethem, Marie-Charlotte Siokos et Guillaume Kerbusch incarnent des adolescents ayant chacun une personnalité bien différente. L’un est « lepluscooldelécole », la seconde est  « lafillelapluschiantedelécole » et le personnage principal est… Jean Jean. La pièce nous invite à découvrir la vie de Jean Jean, un adolescent en plein questionnement sur lui-même et recherchant un moyen de sortir de l’indifférence .

L’histoire se construit autour du malaise de Jean Jean, de sa difficulté à se faire remarquer par les autres , de l’indifférence qui lui est portée. C’est bien simple, il a deux amis : Arthur , le mec cool qui ne lui adresse la parole que parce qu’ils sont voisins, et Claire, la fille chiante.

Le décor modeste est constitué de poutres en métal, de quatre tabourets, d’objets divers et d’une sono à laquelle les personnages se relayent pour assurer l’accompagnement musical qui est décrit quelques lignes plus bas . Cependant les personnages ont la capacité de nous transporter d’un lieu à l’autre, tantôt dans la cours de l’école, tantôt chez eux. Leurs habits familiers ( jeans, pull, training, baskets) nous permettent de nous identifier à eux. Les acteurs s’adressant au public, nous avons l’impression de participer à la pièce.

La facilité avec laquelle Marie-Charlotte Siokos et Vincent Van Laethem arrivent à alterner les personnages secondaires est impressionnante. Un simple changement vestimentaire leur fait prendre une nouvelle dimension, un nouveau comportement, il nous aident à nous immerger dans de nouveaux lieux en incarnant un autre personnage.

L’accompagnement musical et les bruitages dont profite la pièce permettent d’accentuer cette sensation qui nous fait participer et qui nous immerge au cœur du jeu des personnages. Les bruitages sont tous réalisé à l’aide d’une sono contrôlée par les acteurs.

C’est une pièce qui plaira à tous les publics, pour la modique somme de 10€ vous serez assuré de passer une bonne soirée en compagnie de Jean Jean…si vous prêtez attention à lui bien sûr.

Adrien Heymans

Réflexion sur soi-même

 

Dur dur de se faire remarquer quand on semble invisible. C'est ce que raconte une des pièces d'Axel Cornil, l'étoile montante dans le monde du théâtre belge. Diplômé du conservatoire Royal de Mons en art dramatique et d'un Master d'écriture dramatique à l'INSAS, malgré son jeune âge, il a déjà écrit trois pièces et sont toutes les trois jouées cette année. Jean Jean, ou on a pas tous la chance d'être cool se joue jusqu'au 22 octobre au Théâtre Varia. La pièce retrace la vie de Jean Jean qui, à part quelques discussions avec Claire, « La fille la plus chiante de l'école », et Arthur, « Le mec le plus cool de l'école » et quelques mots avec ses parents hyper attentionnés, n'a rien qui se passe dans sa vie. À l'école, il fait même des efforts surhumains pour se faire remarquer mais rien n’y fait. Il mettra tout en œuvre pour atteindre son but, en passant par des idées les plus sombres à des idées complètement folles.

 

Rythmé

Une scénographie dynamique permet aux spectateurs de profiter de différents points de vue durant tout le spectacle. En effet, la scène, se situant au milieu de quatre gradins où sont assis les spectateurs, permet aux acteurs d'interagir plus facilement avec le public durant la représentation. Sur scène, ils sont trois, une femme et deux hommes qui, à part Guillaume Kerbusch, endossent trois rôles différents. Les changements de costumes correspondant aux différents rôles se font sur scène. Le décor, très sobre mais amusant, se limite à une structure métallique en carré d'où pend au centre un micro de boxe et quatre tabourets à chaque coin de la structure. Un son électro, entretenu la plupart du temps par Vincent Van Laethem, alias Arthur, mais tout de même aidé par Valentin Demarcin, le metteur en scène, rythme les différentes interactions. Par ailleurs un slam de Claire, incarnée par Marie-Charlotte Siokos, nous fait réfléchir, nous adolescents, sur ce qu'on est et ce qu'on représente. Un rap est aussi chanté par Jean Jean, joué par Guillaume Kerbusch, ce qui anime encore plus la pièce. La lumière, la plupart du temps basique, passe par des variations de couleurs donnant des ambiances des plus stressantes aux plus amusantes.

 

Pour ce qui est d’un avis général sur ce spectacle, c’était très amusant, drôle et enrichissant. Regarder ces acteurs défendre leurs personnages, changer et passer d'un personnage à l'autre aussi vite et aussi facilement était amusant et épatant à regarder, leur jeu d'acteur était incroyable.

 

Par contre, pour ce qui est des personnages, ils étaient très stéréotypés mais c’était sûrement le but de l'auteur. Il voulait, sans doute, défendre la cause de ce genre de personnes stéréotypées car ce n'est pas parce que c’est un mec cool que toute l'école connaît qu’il n’a pas forcément de problèmes dans sa vie. La pièce était assez rythmée dans l'ensemble, l'histoire était intéressante bien qu’un peu répétitive. Le personnage principal, Jean Jean, exagérait peut-être un peu trop en disant qu'il était malheureux et que personne ne lui parlait, mais les répliques des autres personnages recalibraient cette plainte constante de sa part. La pièce s'est achevée sur une phrase amenant plein de questions et nous laissant, nous spectateurs, sur une fin inconnue, ce qui laisse place à l'imagination.

Camille Dolhen Publié le lundi 17 octobre 2016 à 14h40

Faut-il vraiment être cool ?

 

Traduire, au théâtre, le fait de vouloir être accepté par tout le monde quand on est à l’école n’est pas chose simple à faire. On n’a pas tous la chance d’être cool, d’avoir énormément d’amis avec qui passer la récréation ou la pause de midi. Beaucoup de jeunes étudiants subissent ce réel problème de société et sont seuls à l’école, cela peut être très lourd de n’avoir personne à qui parler. Certains jeunes, pour se faire accepter et pour ne plus être seuls essayent d’imiter les personnes qui sont « populaires » jusqu’à se perdre eux-mêmes et à ne plus pouvoir se regarder dans un miroir.

Pour pouvoir adapter ça au théâtre, Alex Cornil et Valentin Demarcin ont choisi de prendre trois personnages caricaturés : Arthur, le mec le plus cool de l’école ; Claire, la fille la plus chiante de l’école et Jean Jean, le garçon qui se fait rejeter par tout le monde.

Pour cela, pas de décor de classe ou de cours de récréation, seulement un échafaudage avec un micro qui pend au milieu de celui-ci, quelques vêtements qui traînent dans les coins pour pouvoir changer de personnages rapidement et des tabourets. Cela permet au public d’être installé autour des acteurs et rend la pièce originale.

 

Concrètement

Il y a trois acteurs qui jouent neuf personnages. Ceux-ci illustrent ce problème de société qui touche beaucoup de jeunes encore aujourd’hui. Les vêtements sont choisis par caractère, par exemple, Claire est habillée en noir pour montrer qu’elle ne veut pas qu’on l’approche, elle ne sourit pas et en veut à tout le monde. Malheureusement, c’est vraiment cliché et il est facile de deviner les répliques ainsi que les actions de chaque personnage avant qu’eux-mêmes ne le fassent. Certains pourront voir dans cette mise en scène une ouverture à l’esprit qui permet d’imaginer l’espace à sa guise, mais rien ne vaut le théâtre classique avec une scène, un rideau, et le nombre d’acteurs égal au nombre de personnages joués sur scène. Faut-il aller voir cette pièce de « théâtre » ? Ce n’est pas quelque chose à conseiller sauf si le théâtre moderne et rempli de clichés vous intéresse.

L’auteur a voulu faire comme Jean Jean, copier les autres pour faire quelque chose de potable.

Dylan Doumont

 Les ados vont-ils encore au théâtre ?

 

Lorsque la brillante idée de Guillaume Kerbusch s’allie à la créativité d’Axel Cornil, cela donne Jean Jean ou on n’a pas tous la chance d’être cool.

Les représentations de cette nouvelle création s’enchaînent au Petit Varia en ce début octobre et rencontrent un succès mérité. Le public visé par cette pièce amusante est très clairement les ados. En effet, l’œuvre décrit la recherche d’intégration chez les jeunes, l’importance de l’image de soi et de celle qu’on souhaite renvoyer aux autres.

Jean Jean est cet adolescent qui est « invisible » auprès de ses camarades de classe. Personne ne le remarque, ne lui parle, à l’exception de deux personnes : le mec le plus cool (qui fait craquer toutes les filles et qui est admiré par tout le monde) et la fille la plus chiante (celle qui se révolte contre tout). C’est pourquoi Jean Jean utilise toutes sortes de stratagèmes tout au long de la pièce pour s’intégrer et pour commencer à « exister ».

Les acteurs pratiquent la polyphonie, les costumes se résument à quelques accessoires mais ils permettent la bonne compréhension de l’histoire que l’on suit très facilement. La pièce présente des interactions avec le chant (slam), et le fond musical est assez présent. Le bruitage, quant à lui, complète avec précision les répliques des acteurs. De plus, la scène est située au milieu de la salle et cela permet l’installation du public tout autour de celle-ci ; ce qui est assez inhabituel et mérite d’être souligné.

Lors de la représentation, les réactions du jeune public ont manifestement montré l’intérêt  de celui-ci pour les thèmes abordés dans la pièce et pour la manière dont ils sont traités et mis en scène. Un signe qui ne trompe pas : les trois talentueux acteurs ont été rappelés à trois reprises par les applaudissements des spectateurs.

Seul bémol, on pourrait critiquer le manque de profondeur des personnages et l’image très stéréotypée qu’ils dégagent.

Au travers d’une mise en scène amusante se cache  un message directement adressé aux jeunes qui sont en recherche de leur identité et de leur appartenance à un groupe, quitte à abandonner ce qu’ils sont.

Dolorès Notte

La compagnie Trou de Ver bénéficie d'un soutient administratif du théâtre Varia